Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Pourquoi le témoignage si tardif de Viet ?

 

 

 

 

 

 

 

Eté 1928. Cinq années après les faits..........

C'est encore Marcel Espiau qui enquête (pour son article publié le  2 août 1928 dans "L'Ami du Peuple" ) et Natanson qui écrit, le 1er septembre 1928, dans "Les Annales Politiques et Littéraires", cette interview de Georges Viet :

 

"- En avez-vous parlé autour de vous ?

-  Non. Je n’ai rien dit, même à mes proches. J’étais sûr de mon fait. Mais que voulez-vous ! Porter une telle accusation ! Et puis, si ce n’était pas le propriétaire du jardin que j’avais vu agir ? Et qu’en opérant des fouilles, on ne découvrit rien ? J’aurais passé pour fou, ou diffamateur.

Mais voilà qu’il y a deux ans (ndlr : 2 ans, soit en 1926, date à laquelle Jean Quemin voit son notaire  nogentais pour "faire ses affaires, le 29 mai 1926) en lisant Le Quotidien, (ndlr : Le Quotidien est un journal français de l’entre deux-guerres, proche du Cartel des gauches en France) je tombe sur un article concernant l’affaire Seznec et se terminant à peu près par ces mots :

« Mais peut-être M. X…. dont le jardin borde la rivière d’Auge pourrait-il nous dire où est Quemeneur ? »

Vous pensez si cela m’a donné un choc. La disparition de Quemeneur à laquelle je n’avais pas songé !

Et puis je n’étais donc pas seul à savoir quelque chose !

- Le propriétaire du jardin était nommé ?

- En toutes lettres.

- Alors vous avez parlé ?

- J’ai consulté deux amis sûrs. Ils ne savaient que me conseiller. Dans une petite ville on risque facilement d’avoir paru agir par haine, par jalousie, que sais-je ! Et mes amis craignaient pour moi les conséquences d’une dénonciation, si elle était injustifiée.

- Ce n’eût pas été une dénonciation puisque vous ne donniez pas de nom.

- Tout de même… Alors j’ai parlé à un homme qui travaille pour la gendarmerie. Je pensais qu’il répéterait ce que je lui avais dit. Comprenez-vous, j’étais prêt à répondre si on m’interrogeait, mais je ne voulais pas commencer. Il y a huit jours, mes amis m’ont averti que des inspecteurs étaient venus, qu’on enquêtait discrètement, qu’une petite note avait paru dans les journaux, et que j’allais être convoqué. J’attends.

- M. X…. connaissait-il Quemeneur ?

- Il paraît. Quemeneur était marchand de bestiaux, comme lui. Ou marchand de bois…Je ne sais plus… Mais on m’a affirmé qu’ils se connaissaient.

- Il y a donc ici des gens qui en savent autant que vous ?

- Il y en a, mais ils ne parleront pas.

- Pourquoi ?

- Ils ont peur, ils ne veulent pas avoir d’ennuis.

- Avec la justice ?

- Et aussi avec X….

- Et vous, vous n’avez pas peur ?

- Non.

Il a dit cela tranquillement. On a peine à mettre en doute ses paroles. Mieux, on n’y songe pas.

Nous le remercions et nous allons rôder autour de la maison de M. X… Tout est soigneusement clos.

Nous voyons le jardin, le treillage, la Rivière d’Auge. Nous sommes troublés, et nous avons faim."

 

LORMAYE LA TOUR

 

Place du Pilori et vue sur l'ancienne Tour de l'église (devenue la mairie)

 

Deces-Georges-Viet.jpg

Georges Viet n'a pas survécu à ses blessures, lors du bombardement de Lormaye, l'été 1944.

Il est mort le 18 août 1944.

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