Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

La piste de Lormaye : hypothèse et conclusion

 

 

 

 

 

 


Avertissement :

- Utilisation obligatoire (et non facultative) du conditionnel dans l'histoire qui suit,

- Points d'interrogation (avec ou sans parenthèses) à user et abuser sans modération.

 

Nous sommes donc face à trois lieux Quemin à Lormaye :

- la ferme de Chandres (Jean-Louis),

- la maison du Pont de Noailles (Madeleine). 

- la ferme de la rue de Verdun (Jean La Sacoche). 

 

Les témoins interviewés pensent tous qu'il faut creuser dans l'un ou l'autre de ces trois lieux si l'on souhaite trouver (enfin) le cadavre de Pierre Quemeneur (Ou ce qu'il en reste ? Je rappelle qu'il avait des dents aurifiées pour l'identification).

Mis à part le dernier témoignage de la veuve lormaisienne, qui, libérée de la promesse de silence faite à son mari, semble plus plausible (Lire "Témoignage en direct de la conférence de septembre 2003") - ni le fils ni le père n'aimaient Madeleine qui avait hérité de sa mère Percebois. Ils savaient pertinemment que personne n'aurait eu l'idée d'aller creuser dans son jardin. Pour les deux autres lieux, je suis sceptique. Les Quemin étaient des "rusés", et quand on tue, pensez-vous que l'on enterre chez soi ?  Fut-ce sous une dalle de béton. Non. On enterre plutôt chez les autres !

La thèse de Madame Bellevault (Lire dans "Interlude") est plus intéressante. Un transport et un enfouissement dans un lieu neutre.

J'ai quand même vérifié qu'aucune disparition n'avait été signalée à Lormaye en ce beau printemps 1923.

Georges Viet et Pierre Patrice n'ont pas rêvé. Ils ont mis du temps à se mouiller. Et ils en ont payé les conséquences.

Un Lormaisien m'a dit un jour  "C'est pas parce qu'ils étaient riches qu'ils ont tué". Non, mais c'est peut-être parce qu'ils ont tué qu'ils sont devenus (encore plus) riches ! Ne pas oublier que la dernière survivante des trois, Madeleine Quemin (décédée le 26 décembre 1989), avait une telle fortune, que, grâce à son legs, on a pu construire une maison de retraite à Maintenon . Une belle oeuvre qui porte d'ailleurs son nom. Le nom "Quemin" n'est pas porté par leur descendance puisque Jean-Louis a eu deux filles : Suzanne et Colette. Qui se sont mariées deux fois et portent toutes les deux leurs noms d'épouses.

 

Alors : reconstitution du crime (sans Maigret, hélas !) :

 

Dans un premier temps, au moment du dîner, le 25 mai 1923, un homme (Quemeneur ?) se pointe dans la ferme du fils Quemin. (Là, revoir la thèse Marestet où les profils des deux hommes correspondent à nos pseudo-tueurs). Il a une démarche sautillante (Michel Sorin me fera remarquer que Pierre Quemeneur avait une cicatrice ancienne à la cheville gauche qui lui donnait ce genre de démarche). Il y a un (plusieurs ?) coups de feu.  Dans un second temps, Jean La Sacoche nous joue les Pompes Funèbres : transport de corps, emballage dans de la toîle de jute, et passage au-dessus du mur de sa propriété pour atteindre.......... l'Auge (vu le niveau de l'eau, le cadavre aurait été découvert dès le lendemain), ........le pont de l'Auge : cela semble plus probable avec projet d'une bétaillère conduite par un copain toucheux de boeufs pour enlèvement et ensevelissement ailleurs et plus loin.

"Mais les cochons ont crié" me diront quelques Lormaisiens. Oui, certes. Je ne sais pas si un cochon crie quand on le réveille ? Mais en tout cas, je doute qu'il puisse crier quand il mange (il est bien connu que l'on ne peut pas faire deux choses à la fois !) Les coches de Quemin ont peut-être crié parce qu'ils sentaient le cadavre (ne pas oublier qu'ils servaient d'équarissage) ou parce qu'on les a forcés à crier pour couvrir certains bruits.

Si les Quemin ont tué, ils ont subtilisé l'argent et les papiers d'identité. Mais, à mon avis, juste avant, Pierre Quemeneur avait du être salement interrogé pour :

- connaître ce qu'il savait très exactement ?

- apprendre où il avait rendez-vous et avec qui dès le lendemain ?

 

J'entends déjà la meute des anti-Seznec me dire que je suis pour l'innocence de Guillaume.......

Et bien oui. Si les Quemin ont été les bras armés d'une quelconque machination, il en découle que Guillaume  Seznec n'a pas tué. Dans mes rêves les plus fous, j'ai même pensé que l'auto abandonnée à Gambais pouvait avoir servi à Bonny, venu préparer le coup sur place !

Les Quemin n'appartenaient peut-être pas vraiment à "La Secrète", mais il y a de fortes chances  (avec l'étrange effacement de leurs nombreuses frasques) pour qu'ils aient figuré sur "le carnet noir". Et y être inscrit rendait taillable et corvéable à merci. Pendant toute la garde à vue de Guillaume Seznec au Dépôt du 28 juin au 16 juillet matin, les journaux se sont faits l'écho des recherches qui n'ont pas cessé dans la région de Houdan/Gambais. "L'Ouest-Eclair" du 28 juin titre : "M. Quemeneur ne serait allé ni à Paris ni au Havre. Il aurait été assassiné près de Dreux". 

 

Le fils Quemin faisait-il partie du gang des Cadillac ? Cela impliquerait que d'autres personnes étaient présentes dans les fermes au moment du crime, et pas des tendres   La piste de Michel Sorin (Chevance et Risque-à-tout) pourrait-elle aussi s'ajouter en complément. Les deux lascars auraient-ils alors pu terminer la tâche ?

 

Il y a encore des témoignages (mais oui !) contrairement à ce que m'affirmait, l'autre jour, une personne "bien informée" et venant, depuis peu, d'emménager à Lormaye : "Sur cette piste, c'est l'omerta totale". Que nenni !

 

Dans toute cette belle argumentation, je sais où le bât blesse : Quemin et Quemeneur se connaissaient-ils ? En a-t-on une quelconque preuve écrite ?

Imaginez juste qu'au cas où les Quemin auraient tué, les preuves écrites de leur éventuelle relation avec Pierre Quemeneur sont parties depuis bien longtemps en fumée. Mais les enquêtes réservent parfois des surprises et je ne désespère pas de trouver un nouvel élément...... un jour ou un autre !

 

Si, à la lecture de ce modeste blog, certains d'entre vous, ont d'autres témoignages à donner, qu'ils n'hésitent pas. La piste de Lormaye fêtera ses 18 ans en octobre (première interview de Madame Fémeau le 7 octobre 1992). Elle sera alors majeure et totalement libre, isn't it ?

 

 

 

MAGRITTE Méditation

 

MAGRITTE : Méditation, 1937.

 

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