Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Affaire Seznec : quand Claude Bal ignore François Le Her !

 

 

 

 

 

 

 

"La déception est un sentiment qui ne déçoit jamais"

François Mauriac

 

 

 

 

 

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Je l'ai reçu hier ce livre-là. Encore un investissement et pas des moindres. Chez le mari de NKM. J'étais heureuse. je le relisais enfin. Après l'avoir lu, il y a presque dix années.

 

J'ai vite mais très vite déchanté.

 

Claude Bal, "ce grand journaliste de Paris Match" est prétentieux. Désinvolte. Méprisant. Orgueilleux (ne pas oublier qu'il a écrit ce livre "à l'attention de Monsieur le Garde des Sceaux" pour introduire de lui-même et sans avoir consulté la famille, une requête en révision de l'affaire pour faits nouveaux). Avec pour base, un ouvrage aussi truffé d'erreurs, les magistrats ont eu beau jeu de la refuser !

 

Facile à prouver l'inexactitude au fil des pages quand il se permet de citer comme première référence Maurice Privat (page 63 au sujet de Jules Jestin). C''est dire si ce livre que l'on a prétendu guidé par la fougue de la jeunesse, est bâclé, ni fait ni à faire. Et réserve quelques surprises de taille.

 

 

La première, je vous la livre de suite, car je ne peux attendre. Et ça, je ne l'ai lu chez aucun auteur. Et oui, vous lisez bien, aucun auteur sur l'affaire Seznec ne s'est avisé de signaler cette énorme omission.

 

 

Dans son chapitre VII "Un mort flane dans Paris" (page 119 à 139), Claude Bal prend tout son temps pour énumérer les témoins de survie de Pierre Quemeneur après le vendredi 25 mai 1923.

 

Je cite. Dans son ordre (qui n'appartient qu'à lui ) :

 

- Alfred Bégué, l'employé de la poste restante N°3,

à qui la lettre de Pouliquen est réclamée par 2 fois le 26 mai (10 h et 14 h), 

- Madame Petit,

- Monsieur Levêque,

- Monsieur Lajat,

- Monsieur Le Berre,

- Me Danguy des Déserts.

 

Il ne vous semble pas manquer quelqu'un juste là ? Parce que moi, le livre m'en est tombé des mains.

 

François Le Her (époux de Jeanne Seznec et père de Denis Seznec).

 

N'en croyant pas mes yeux, j'ai attendu de lire le chapitre VIII : "Aux Assises". Pour me rassurer. Me disant qu'il allait le citer. Parce qu'on peut dire que la comparution de François Le Her a fait du bruit dans Quimper. Et bien non. Pas une trace de ce cher François.

 

Est-ce bien raisonnable ?

 

 

Le livre de Claude Bal date de 1955. Jeanne Le Her a tué François Le Her le 3 octobre 1948. Claude Sylvane s'est longuement étendue sur le sujet en 1950 :

 

Relire attentivement : L'Affaire Seznec : "Notre bagne" de Jane Seznec


 

Dites-vous bien que sur 241 pages du livre de Claude Bal, l'affaire des Cadillac et l'enquête sur Gherdi, sur le troquet "Au Tambour" ou sur la guinguette "Au canon de la Marne" ne commence que page 163 pour finir page 233, soit 70 pages !!! Le dernier chapitre est, lui, consacré à la mort de Guillaume Seznec que Claude Bal a vécu quasiment "en direct". Pour le coup, ça c'est vrai.

 

Je suis étonnée et peinée.

 

Etonnée de ne pas avoir remarqué cette énorme impasse lors de ma première lecture en 2003/2004. Mais je n'étais pas aussi avancée qu'aujourd'hui dans les méandres de l'affaire Seznec.

 

Peinée. Parce que je me suis souvenue combien j'avais été renvoyée dans mes buts, chaque fois que, sur le forum de Marilyse Lebranchu, je tentais de parler de François Le Her. Ou de sa fille Juliette Le Her.

 

La vie tumultueuse de François Le Her ne m'intéressait guère. Et par respect pour son fils, je n'avais nullement l'intention d'en faire état. Ce qui m'intéressait plus, c'était la présence quasi permanente de la famille Le Her (De 1923 à 1948) auprès de la famille Seznec. Oui, je l'affirme encore ici. Cela m'a toujours semblé et me semble aujourd'hui toujours aussi étrange.

 

Le père, François, qui témoigne en 1923. Et dont personne, à ce jour, ne sait dire ou écrire, si c'était un vrai ou faux témoignage. "Pas grave" affirment certains, cela ne fera pas avancer le dossier. Tout le monde s'en fout, en fait. Ou feint de s'en foutre ? (Oui, là, je suis en colère !)

 

 

La fille, Juliette, qui épouse d'abord, en 1937, Guillaume, le fils aîné de Seznec. Puis vit maritalement, à partir de 1942,  avec Albert, le second fils. A croire que la France était totalement dépourvue d'autres beaux gars pour qu'elle choisisse justement ces deux-là.

 

Cela leur permettait - au cas où père et fille auraient (conditionnel) été manipulés - d'avoir toujours un oeil sur la famille Seznec. Et sur leurs actions diverses et variées pour faire réhabiliter Guillaume.

 

Pourquoi ne faut-il pas en parler ? En vertu de quoi ? Pour plaire à qui ? Pour ne pas déplaire à qui ?

 

Je le rappelle ici, et ceci n'est pas un scoop : Claude Bal était fort proche de Roger Wybot, patron de la D.S.T.

 

 

Je n'écrirai pas plus long. Car j'en ai le souffle coupé et les larmes me montent aux yeux. Je me sens trahie. Pourtant je le sais bien et je le sais depuis 20 ans justement aujourd'hui : dans l'affaire Seznec, on est et on travaille toujours tout seul.

 

Liliane Langellier

 

P.S. La piste du Tambour est l'une des hypothèses de la disparition de Pierre Quemeneur. Ce n'est pas la clé de l'affaire, loin s'en faut. Même si elle a au moins le mérite d'insister sur l'importance de la Breizh-connexion à Paris (Bernez Rouz page 165). A ce jour, je n'adhère à aucune des hypothèses émises, fussent-elles soutenues mordicus par leurs auteurs. J'attends un vent nouveau qui balayera les certitudes des uns et apprendra l'humilité aux autres. Tout un programme.

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L
<br /> Le livre de Claude Bal date de 1955, soit 7 ans après la mort de François Le Her. C'est énorme qu'il n'ait pas cité son témoignage dans son chapitre 7 "Un mort flane dans Paris". Même en<br /> l'arrrangeant à sa sauce (parce que pour arranger des sauces, il est expert, Claude Bal).<br /> <br /> <br /> Ce qui est encore plus étonnant c'est qu'AUCUN des auteurs qui ont suivi : Langlois, Seznec, Rouz et même... Keriel, n'aient signalé cette omission de taille. Ce n'est pas une omission gratuite.<br /> Loin s'en faut.<br /> <br /> <br /> Que FLH ait été un poison avant, pendant et après, je n'en doute pas un seul instant. Ce qui restera toujours pour moi une question : l'a-t-il été de sa propre initiative ou a-t-il été<br /> télécommandé par de plus hautes instances ?<br />
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S
<br /> Vous évoquez François Le Her - curieux personnage qui fut jusqu'au procès un poison pour l'accusation, ridiculisé lors du procès et qui devint au bout des 27 années d'absence de Guillaume Seznec,<br /> un poison cette fois pour la révision du procès. De ce fait, les chevaliers blancs du mouvement pour la réhabilitation ont trouvé qu'il était plus sage de faire sans ce personnage incontrolable<br /> et imprévisible, d'autant qu'en écoutant aux portes entre 1924 et 1948, il avait sans doute suffisamment de biscuits pour embarasser tout le monde.<br />
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