Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Affaire Seznec : Les demandes de révision du procès de Guillaume (2)

 

 

 

 

 

 

"Ce n'est pas le doute qui rend fou, c'est la certitude."

Friedrich Nietzsche

 

 

http://amitrtlu.free.fr/histoire%20de%20TRT/sipl/mod%E8le%20d_clip_image006.jpg

 

 

 

 

Vous l'avez lu. Marie-Jeanne Seznec s'est battue comme une lionne. Pour que Guillaume ne quitte pas la France. Ce qui explique un peu le caractère brouillon des premières demandes de révision. Elles ne sont peut-être pas aussi structurées que celles d'aujourd'hui. Mais ce sont les plus émouvantes.

 

Par leur simplicité de coeur.

 

Heureusement que la pauvrette avait Petitcolas pour l'aider. Car à en lire Guillaume, ni sa charmante belle-soeur Marianne (épouse de Petitcolas) ni sa belle-mère Marie-Anne ne semblent la porter dans leur coeur. Ce sont des choses qui arrivent, même dans les meilleures familles...

 

 

Mais revenons à un fait important : après s'être fait largement basher pour la piste de Lormaye, Charles Huzo écrit une curieuse lettre à Guillaume. Ce sera la dernière. Lettre où il le met largement en garde contre le personnage qui va entrer en piste : Charles Victor Hervé.

 

 

Dans "Petite analyse des lettres de Charles Huzo", je vous conseille donc la relecture attentive de la lettre du 13 juin 1931.

 

Lettre Charles Huzo 13 juin 1931 page 1 et 4 001(1)

Lettre de Charles Huzo du 13 juin 1931

 

 

Sortie d'Huzo. Entrée d'Hervé.

 

 

Ne me demandez pas comment le juge Hervé s'est retrouvé sur cette histoire. Je n'en sais fichtre rien. Ni comment il se retrouve juge de paix à Pontrieux. Si ce n'est que je ne crois pas au hasard...

 

C'est donc LUI, qui, avec l'approbation de Guillaume, de sa mère et de sa soeur, va prendre l'affaire en main.

 

Ainsi, en 1931, après la mort de Marie-Jeanne, c'est la mère de Seznec qui reprend la défense de son fils. Les thèses du juge Hervé sont mises en avant. Une requête est déposée par Mes Marcel Kahn et Jean-Charles Legrand. Elle est examinée par le Procureur général de Rennes qui transmet au Ministre un rapport défavorable concernant la thèse de Plourivo et les photos anthropométriques.

 

Je vous fais grâce de toute cette histoire que vous retrouverez dans cet article et dans celui-là.

 

Privat. Hervé. Lamour. "La Province". Traou Nez. Voilà qui a contribué à bien embrouiller l'affaire Seznec et qui ne l'a pas fait avancer d'un pouce. Et qui la perturbe encore aujourd'hui.

 

Un autre personnage d'importance va entrer en scène. Marie-Françoise Bosser. Et la LDH. La Ligue des Droits de l'Homme.

 

Là aussi, Madame Bosser, je lui ai consacré deux articles ici et surtout .

 

Madame Bosser va "se bouger" et "bouger les autres". Elle y croit. Elle a le feu sacré.

 

http://laicite-aujourdhui.fr/IMG/jpg/F-Bosser.jpg Madame Bosser

 

 

"Des conférences s'organisent un peu partout. Le sommet de cette campagne a lieu lorsque, le 18 février 1934, la fédération du Finistère et la section de Pont-Aven de la Ligue des drois de l'Homme invite les jurés du procès d'assises à la Maison du Peuple de Brest. Six sur onze (le douzième est mort), Le Muff, Bronnec, Elleouet, Goas, Schang et Le Séach, répondent à cette invitation. Patiemment, à l'aide des dossiers, des pièces dont ses interlocuteurs n'avaient pas eu connaissance, Mme Bosser, secondée par Charles-Victor Hervé, leur démontre le peu d'impartialité, la mauvaise foi, dont policiers et magistrats ont fait preuve lors de l'instruction et du procès.

Les six hommes prenant conscience qu'ils ont été abusés, trompés, bafoués, se réunissent, discutent longuement, puis rédigent et signent le texte suivant :

 

Les soussignés, jurés ayant pris part au verdict qui a déterminé la condamnation de Seznec en 1924, réunis à Brest le 18 février 1934 sur convocation de la Ligue des droits de l'homme du Finistère, après avoir entendu Mme Bosser, institutrice publique, secrétaire de la section de Pont-Aven, M. Damalix, président de la fédération du Finistère, et M. Hervé, ancien juge d'instruction, se déclarent profondément troublés par les révélations qui leur ont été faites.

Affirment l'impérieuse nécessité de tirer au clair le drame qui s'est déroulé dans la propriété de Plourivo en mai 1923, drame demeuré inexpliqué et qui ne saurait être précisé que par une enquête judiciaire où l'accusation et la défense seraient entendues contradictoirement.

Demandent instamment aux autorités compétentes que la Cour de cassation soit enfin saisie par le ministre de la Justice d'une demande en révision pour non-communication du dossier Plourivo.

Se séparent en réclamant la pleine lumière et la justice pour Seznec.

 

Ce texte est envoyé au ministre de la Justice, qui répond par une fin de non-recevoir."

in Denis Seznec en pages 361 et 362.

 

 

Le 9 avril 1935, nouveau rapport défavorable du Procureur concernant le non-dépôt au Greffe des actes de vente. Nouvelle requête ou simple courrier adressé au ministre ??? Si quelqu'un le sait, qu'il ne se prive pas de me le dire...

 

 

Le 19 mai 1938, avec l'appui de Me Philippe Lamour, Jeanne Seznec dépose une requête concernant la découverte d'une ceinture et le témoignage de Louis Lohat. Rejet là aussi.

 

Et avec cette ceinture... Mine de rien... On revient au café "Au Tambour". J'ai pris chez Bernez Rouz en page 160 :

"L'hypothèse d'un assassinat dans les caves du café Au Tambour, quartier général des trafiquants d'automobiles, est évoquée en 1936. Louis Lohat, épicier rue de Grenelle à Paris, président des commerçants bretons de la capitale découvre un paquet sur son étalage. Dedans il y a une ceinture et un mot signé Louis : "Mon cher Louis... je te remais (sic) une ceinture que m'avait donnée Marthe du Tambour en 1922 ou 23... Tu saurais bien si Quéméneur portait la ceinture. Si oui, il a été tué chez Marthe dans la cave et le pauvre Seznec est innocent". Louis Lohat fait faire des recherches dans la cave de l'hôtel qui a succédé au café Au Tambour, en vain. Ce paquet pourrait avoir été déposé par, Louis Bourgeois, connu sous le sobriquet de Louis Nenoeil. Celui-ci "grand et mince, avec un visage très rouge et un oeil plus petit que l'autre, qui clignotair", est un Breton de Paris. Familier du café de Berthe Rallu Le Canon de la Marne à Chelles, il fréquentait également le café Au Tambour et son milieu interlope où travaillait une certaine Marthe. A l'heure de sa mort il n'est pas étonnant qu'il eut pu confier ses secrets au président du groupement des commerçants bretons, Louis Lohat."

 

Oui, mais voilà que sur le blog de "L'Affaire Seznec revisitée", je lis :

 

"- Nœnœil : Emile Bourgeois, né à Champs-sur-Marne en 1884, fils d’un chocolatier local – perd un œil à la guerre de 14 – maçon, domicilié à Champs-sur-Marne – décède en juillet 1931, noyé accidentellement dans un canal – surnommé “Pitou” – aucun témoignage pour appuyer une quelconque liaison de ce “breton imaginaire” avec Mme Masson."

 

 

 

 

La mère de Guillaume, Marie-Anne Colin, est morte le 18 septembre 1935. C'est alors Jeanne Seznec qui prend le relais. Pour la prochaine demande de révision, il faudra attendre une bonne dizaine d'années et le retour de Guillaume sur le sol de France. Avec la requête déposée par Me Raymond Hubert en 1948. Cela va vous permetre de souffler un peu... Et moi aussi.

 

Liliane Langellier

 

Requete-Jeanne-Seznec-1938-001.JPGRequête Jeanne Seznec 19 mai 1938

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