Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Affaire Seznec : François Le Her : le mensonge ou la frime ?

 

 

 

 

 

"Nos mensonges nous engagent mieux qu'aucune vérité."

Camille Goemans

 

 

 

Titre-de-pension-Le-Her-001.JPG

 

  Pension principale définitive N° 12063 de 3000frs (100%)

concédée par arrêté du 23 mai 1933...

 

 

Comme le prouve le document ci-dessus et le document en fin de cet article-là, François Le Her n'a jamais reçu un avis d'octroi de pension d'aveugle de guerre "pile le jour même du début des audiences" (ndlr soit le 24 octobre 1924, début du procès) comme nous l'écrit Michel Keriel en page 101 de "Autour de Seznec". Ou Denis Seznec en page 265 de "Nous, les Seznec" (édition 2006) : "C'est un carnet de pension militaire d'invalidité au taux de cent pour cent (article 10 définitif) attribuée à François le Her en date du... 28 octobre 1924  ! Autrement dit en plein procès, au moment où l'on commence à évoquer son témoignage. Il recevra ce carnet de pension à Quimper, en paquet recommandé, le jour même de sa comparution."  

 

François Le Her est en fait pensionné de guerre depuis le 7 novembre 1919 !!! L'affaire Seznec revisitée l'a expliqué clairement dans son dernier article.

 

 

Oui, ce mensonge est grave ! Ce n'est pas juste une petite erreur de date. Car insinuer que François Le Her a reçu cette notification de pension juste au moment de son témoignage au procès de Quimper, c'est insinuer une manoeuvre "extérieure" pour l'empêcher de répondre aux témoins qui sont produits contre lui par la famille Quemeneur. Et ne pas se révolter contre toute la boue qui est déversée contre lui. Seulement voilà... François Le Her ne s'est pas défendu tout simplement parce que ce qui s'est dit était vrai. A lire dans L'Ouest-Eclair du 3 novembre 1924 en page 2.

 

 

On ne peut pas prétendre que l'affaire Seznec soit une affaire simple. Mais quand on se trouve avec des personnages qui la peinturlurent de mensonges, cela devient carrément une affaire inextricable. Ce qui peut en arranger certains. Pas moi.

 

Revenons donc un peu sur le grand mystificateur que fut François Le Her. Epoux de Jeanne Seznec. Et père de Denis Le Her.

 

 

1/ Le témoignage du commissaire Guy Kergoët, le 30 octobre 1947

 

Je ne l'ai trouvé que chez Bernez Rouz, en page 161. Mais j'ai croisé mes sources. Et je sais qu'il a bien été fait comme suit :

 

"Jeanne Seznec est interrogé le 30 octobre 1947 par le commissaire Guy Kergoët, de la brigade mobile de Rennes : "Mme Le Her m'a fait part des soupçons qu'elle avait de la culpabilité ou de la complicité de son mari dans le meurtre de M. Quéméneur... elle s'appuyait sur une conviction intime. Je n'ai d'ailleurs pas pu déceler si cette conviction était réelle ou simulée dans le simple but de me convaincre de la non culpabilité de son père".

 

Le commissaire de police judiciaire accompagne ensuite François Le Her dans sa camionnette : "Par curiosité, j'ai amené la conversation sur l'affaire Seznec que je connaissais très peu. Le Her m'a donné quelques indications sur l'affaire et au bout d'un certain temps, alors que nous étions arrivés à Ploudalmézeau, il m'a dit en substance : "Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit à personne : j'ai fait un faux témoignage en faveur de Seznec. En effet j'ai affirmé à l'époque que j'avais vu Quéméneur le 26 mai alors que je n'étais pas du tout certain de cette date. Il est bien exact que j'avais vu Quéméneur à Paris dans l'autobus où j'étais contrôleur, mais c'était à une date que je ne pouvais déterminer. Au cours d'un voyage à travers Paris j'avais tenu conversation avec M. Quéméneur et je n'avais donc pas fait payer les autres clients. Il aurait donc été possible par l'examen de la comptabilité de retrouver la date à laquelle j'avais vu Quéméneur car mon encaissement avait été nettement inférieur à l'habitude.

Au moment de l'enquête j'avais vu le commissaire Vidal et je lui avais dit que j'avais vu Quéméneur à Paris sans pouvoir préciser la date. Aucun procès-verbal n'avait été rédigé pour enregistrer ma déclaration en raison de son imprécision, mais, par la suite, Mme Seznec qui avait sans doute été mise au courant de ma déposition verbale, est venue me demander de déclarer que j'avais vu Quéméneur le 26 mai. C'est ce que j'ai fait, et jusqu'à maintenant, j'ai toujours maintenu mon faux témoignage".

Devant cette révélation j'ai voulu prendre procès-verbal d'audition de Le Her, mais il sy est refusé, alléguant que le moment n'était pas encore venu pour lui de dire publiquement ce qu'il venait de me raconter confidentiellement.

Après avoir confié cette version au policier, Le Her s'en est vanté à Seznec qui habitait chez lui à Plourin-Ploudalmézeau depuis son retour du bagne. Les deux hommes le soir même se sont disputés violemment. Seznec décide alors de quitter le domicile de sa fille et de son gendre et trouve refuge chez les Berthou à Riec-sur-Bélon. Seznec écrit alors au commissaire Kergoët pour réfuter les dires de son gendre et surtout, s'insurger des sollicitations dont il aurait fait l'obje tà l'époque, de la part de Marie-Jeanne Seznec : "nous ne savions même pas qu'il existait, et je puis vous assurer que j'aurai préféré ne l'avoir jamais connu."

 

Le Commissaire estime que "les déclarations faites par Le Her, homme déprimé à la suite de l'enquête dont il était l'objet, ont été faites avec une franchise telle qu'à aucun moment je ne les ai mises en doute".

 

 

 

2/ Procès-verbal de l'inspecteur Legueltel, en date du 19 octobre 1948,  qui a entendu le nommé André Ménard :

 

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Pour accuser Le Her d'assassinat, c'est sur ce procès-verbal que Claude Bal s'est appuyé lors de sa demande de révision en 1955 (ce qu'il s'est bien gardé d'écrire dans son livre). Mais, en 1956, après avoir interrogé Ménard, le Commissaire Camard a rejeté son témoignage, qualifiant Ménard de "blagueur" et de "bluffeur".

 

Je n'ai trouvé aucunes traces de ces deux témoignages dans le livre de Denis Seznec !

 

 

 

On dit couramment que dans tout mensonge il y a toujours une part de vérité...

 

Mais ceux qui le disent n'ont jamais été face aux mensonges de François Le Her. Qui était champion hors catégories. Au fait, dans les deux derniers cas énoncés plus haut, mensonges ? Ou pas ?

 

 

Liliane Langellier

 

 

 

Lettre-a-Denis-Le-Her-001.JPG

 

 

 

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S
<br /> il commencerait pas à raser les murs, notre Denis national ? - mentir, manipuler, voilà 30 ans que cela dure - il a juste oublié qu'il n'est rien dans l'histoire de son grand-père - par<br /> conséquent, on peut faire sans lui et on ne s'en prive pas, tout en lui savonnant la planche au passage... c'est bien le tarif minimum pour ses basses œuvres... - et comme son discours continue à<br /> plaire à quelques-uns, la partie continue... - il devrait méditer le cas de son père : son invalidité-bidon a fini par être invalidée au bout de 31 ans... à la place de notre conférencier<br /> hexagonal, je plierai les gaules de toute urgence... c'est lui qui voit...<br />
Répondre
L
<br /> <br /> Il y a tellement de mensonges qu'il serait bon de faire table rase  et de recommencer un nouveau livre à partir des vérités...<br /> <br /> <br /> <br />