Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Affaire Seznec : Et on en remet une couche sur le gars André...

La dernière fois qu'on avait quitté le gars de Jaegher, il était, non pas au charbon, mais dans le charbon. Nuance !

En voilà un que l'honnêteté n'étouffe pas...

Il a eu son lot de malheurs, je vous l'accorde.

Mais vous en connaissez, vous, des vies sans lots de malheurs ???

Et puis y'a toujours Thierry.

Thierry qui fouine dans la presse ancienne. Qui farfouille dans les généalogies. Thierry qui est en fait le vrai rédacteur de cet article.

Je me contenterai de l'attaque et de la chute....

 

Thierry, c'est à vous...

 

 

Nous avions laissé André de Jaegher en juin 1917, condamné pour abus de confiance dans l’affaire des charbons.
 
Le 29 septembre 1918, il revient d’une balade en mer à bord de son bateau, le Saint-Jean. Ferdinand 19 ans et André 15 ans, ses fils, l’accompagnent, ainsi que deux militaires de la garnison et un marin du Dourduff. Le temps passable de la journée a laissé place à un début de tempête. À l’entrée de la rivière du Dourduff, une risée plus forte que les autres s’abat sur la voilure et fait chavirer le navire qui coule à pic. M. de Jaegher s’agrippe au mât qui émerge pendant que son plus jeune fils tente de sauver l’ainé, en vain. Les deux militaires se noient, emportés vers le fond par le poids de leurs vêtements. Le père de Jaegher, son fils le plus jeune et le marin sont indemnes, secourus par les sauveteurs.
 
On ne retrouvera le corps de Ferdinand que le lundi matin, ses obsèques ont lieu le mardi 1er octobre, au milieu d’une nombreuse affluence accourue témoigner à la famille toute sa sympathie. Le deuil est conduit par M. de Jaegher père du défunt et Ch. Lefebvre avocat.
 
Le 8 septembre 1919 il perd sa fille Laure âgée de 18 ans.
 
Le 6 novembre 1919, les dockers déchargeurs de charbon de son entreprise se mettent en grève. Ils réclament 1 fr. 25 pour le déchargement de la tonne au lieu de 1 fr.
 
Le 25 février 1920, une dizaine de ses dockers se met en grève , réclamant une augmentation de salaire. Le lendemain 26 février, ils reprennent le travail aux anciennes conditions.
 
Le 27 septembre 1921, alors qu’il voyage avec son fils dans le train lorsque celui-ci est agressé sans raison par un marin. En voulant le défendre, il est cruellement mordu au bras par le matelot qui sera maitrisé, non sans mal, puis descendu à la gare de Plouézoch.
 
1921, c’est également l’année ou il achète à Valoris un brevet, qui s’avèrera être fantôme. Est-ce ce qui a causé sa faillite en 1922 et par voie de conséquence l’ardoise qu’il a laissé à Quémeneur ? L’affaire reviendra à l’instruction en 1925.
 
1923, on le retrouve avec Seznec dans une affaire de diffamation qui les oppose à Me Croissant. À l’origine, il s’agissait d’une affaire Seznec contre Nicolas.
 
 
 
 
On ne peut pas dire que l'ami Guillaume fréquentait du beau linge.
 
Il avait même un tendance certaine à s'acoquiner avec ce qui traînait de pire.
 
Mais apparemment, nulle trace du procès en 1922 avec Quemeneur...
 
Et pourtant, si on lit Bernez Rouz, en page 133 :
 
"Les deux hommes sont en procès en 1922 pour une somme conséquente. Le dossier d'instruction garde trace d'une reconnaissance de dettes de 24 000 francs datée du 27 janvier 1921, d'un courrier du 28 janvier 1922 où Quéméneur se plaint d'être obligé de règler ses comptes avec Querné, qui exploite les bois de Traou Nez, alors que de Jaegher est absent. Le 24 mai 1922, il porte plainte pour abus de confiance auprès du procureur de la République de Morlaix pour un impayé de 72.302 francs. Cette plainte fera l'objet d'un non lieu en juillet, à cause de la liquidation judiciaire qui affecte les biens du courtier maritime. Quéméneur dans une lettre du 30 mars 1923, précise "j'ai subi une perte de 64.862 francs à cause de la faillite de Jaegher".
 
et en page 134 :
 
"Le compte rendu de la chambre des mises en accusation comporte cette affirmation "Il n'avait pas d'ennemis". Ce litige avec de Jaegher pouvait faire penser que Quéméneur n'avait pas que des amis. Ceci se savait sur la place de Morlaix et ce courtier mauvais payeur est désigné sans être cité dans L'Ouest-Eclair dès le 28 juin 1923. "M. Quéméneur qui brassait des affaires importantes, n'était pas toujours payé régulièrement. Un de ses courtiers qui faisait le trafic des poteaux de mines se montrait assez souvent récalcitrant et des traites de 10 000 et de 15 000 francs restaient longtemps impayées". La justice s'occupe de ce point particulièrement délicat, conclut le journaliste. Pourtant aucune enquête ne permet d'en savoir plus sur les affaires que brasse de Jaegher."
 
Nulle trace de la liquidation judiciaire de Jaegher !
 
La question revient....
 
Simple.  Comme le bon sens...
 
Mais quelle main tient donc l'ardoise magique qui efface ainsi au fur et à mesure les traces des dettes de de Jaegher ?
 
 
Liliane Langellier
 
 
 
 
Morlaix. Le port.

Morlaix. Le port.

La Dépêche de Brest du 1er octobre 1918

La Dépêche de Brest du 1er octobre 1918

La Dépêche de Brest du 1er octobre 1918 (suite)

La Dépêche de Brest du 1er octobre 1918 (suite)

Ouest-Eclair du 3 octobre 1918.

Ouest-Eclair du 3 octobre 1918.

Dépêche de Brest du 8/9/1919

Dépêche de Brest du 8/9/1919

Dépêche de Brest du 8/11/1919

Dépêche de Brest du 8/11/1919

Ouest-Eclair du 10/11/1919

Ouest-Eclair du 10/11/1919

Ouest-Eclair du 25/2/1920

Ouest-Eclair du 25/2/1920

Ouest-Eclair du 26/2/1920

Ouest-Eclair du 26/2/1920

Dépêche de Brest du 23/10/1921

Dépêche de Brest du 23/10/1921

La Dépêche de Brest du 6/10/1923

La Dépêche de Brest du 6/10/1923

Le Rappel du 12/10/1923

Le Rappel du 12/10/1923

Ouest-Eclair du 12/10/1923

Ouest-Eclair du 12/10/1923

Ouest-Eclair du 7/3/1925

Ouest-Eclair du 7/3/1925

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