Affaire Seznec : La piste de Lormaye

Pierre Quémeneur a-t-il été assassiné par Guillaume Seznec à Lormaye ?

Affaire Seznec : les bonnes résolutions de janvier...

Affaire Seznec : les bonnes résolutions de janvier...

C'est le moment ou jamais.

Tout le monde la fait...

On dit même une "to do list..." chez les Ricains...

Donc, je ne vois pas pourquoi on se priverait de s'en faire une petite dans l'affaire Seznec.

Surtout, que si j'ai bien tout compris, il risque d'y avoir du roulis et du tangage avant la fin du mois...

Alors, prenons de bonnes résolutions.

Maintenant.

A défaut de les tenir... Plus tard...

Cessons de rabâcher les mêmes erreurs. Volontairement ou pas.

Petit-Fils Premier nous a beaucoup parlé des trois pouvoirs : la justice, la police et... la politique !

Je vais donc vous en parler.

Mais je vais y ajouter le quatrième : les médias.

 

1/ Le pouvoir policier

J'espère que tout le monde a compris.

Les grands, comme les petits.

On laisse Bonny tranquille.

Il ne fut jamais qu'inspecteur stagiaire. Il venait juste de rejoindre la Sûreté, rue des Saussaies.

Et il servait de secrétaire-greffier à quelqu'un qui est beaucoup plus intéressant :

 

Achille Vidal

Le beau Nîmois. Achille, René, Paul, Léon Vidal.

A part savoir qu'il est né à Nîmes, et qu'il avait 42 ans au moment de l'enquête.

Mais s'il avait 42 ans en 1923, ça nous le fait naître en 1881....

A Nîmes, j'en suis moins sûre, car même si les archives du Gard ne sont pas numérisées, nous avons une liste des naissances à Nîmes du 1873 à 1882.

Est-ce lui qui est commissaire spécial affecté au service d'ordre de Clemenceau, puis de Millerand ? (à vérifier)

Il reçoit la légion d'honneur en avril 1925.

Et il ne figure pas à Nîmes sur la base de données Léonore (Légion d'honneur).

Et non...

Mais...

Achille Vidal est né le 10 janvier 1881 à Saint-Chaptes dans le Gard

(voir arbre généalogique ci-dessous).

Entre 28 et 30 ans, en 1909/1911, l'ami Achille était secrétaire de police dans les Alpes-Maritimes... à l'époque des frasques de Vacquié à Nice.

Il est ensuite nommé inspecteur de police mobile à Montpellier en 1913.

Puis, il entre à la Sûreté Générale à Paris "provisoirement" en 1915.

Dix années plus tard, il est promu et bien promu...

En effet, l'affaire Seznec jugée en 1924, il obtient Légion d'honneur en avril 1925 et une promotion en juin 1925 !

Il est nommé chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur avec 20 ans 8 mois de services civils et militaires.

Nouvelle promotion en janvier 1926...

En août 1926 il quitte la Sûreté Générale pour la police des chemins de fer l'État à la gare Montparnasse, par décret de Doumergue himself !

Il a passé au moins 9 ans à la police de la gare Montparnasse (cf article du Petit Parisien ci-dessous le 18 août 1935).

Qu'est-ce que la police des chemins de fer ?

Lire sur Criminocorpus :

4. De la police spéciale des chemins de fer aux renseignements généraux

 

En tout cas, oubliez, laissez tomber une fois pour toutes les fantasmes un peu graveleux de certains qui voient le bel Achille sortir avec Mlle Héranval, la vendeuse de chez Chenouard, lors du procès de Quimper.

Quand un homme marche à côté d'une femme, cela signifie juste qu'il marche à côté d'une femme. Et n'implique pas qu'il s'allonge sur elle.

 

Jean-Baptiste Cunat

Mais oui, Youenn, vous aviez raison quand vous écriviez dans l'un de vos commentaires sur ce blog que l'on n'en sait pas long sur lui.

Alors... On a cherché...

Oui, on a cherché, des heures et des jours avec Thierry Lefebvre.

Que je remercie ici.

On a cherché... Et comme pour les Le Gall, des Cunat, à la police, il y en avait de père en fils.

Alors il a fallu être très très prudent.

Faire appel au Saint Esprit pour ne pas mélanger le père et le fils....

Notre Cunat Jean-Baptiste aurait environ 35 ans en 1908.

Adjudant 15 ans de service en 1908 ? Armée à 20 ans + 15 ans service = 35 ans. 1908-35=1873.

 

Jean-Baptiste Cunat est né le 26 mars 1874

à Charmois-devant-Bruyères

dans le département des Vosges.

 

Le 18 juillet 1896 il se marie avec l'autorisation du conseil d'administration du 149ème de ligne où il est sergent-major au fort de Rupt.

Le jour de son mariage, il était Sergent Major au 149e RI à Epinal et ce jusqu'au 29 novembre 1900. Le 16 juillet 1902 il était Adjudant au même RI.

Il aura cinq enfants.

Et son fils aîné, André Cunat, qui a été commissaire à Mazingarbe dans le Pas-de-Calais, sera nommé Commissaire à la 13e brigade mobile de Rennes en 1925 !

 

Jean-Baptiste Cunat commence sa carrière à Poligny, dans le Jura en 1907.

Il est déjà commissaire du 2ème quartier de Saint-Nazaire le 3 septembre 1912 (Ouest-Éclair édition Rennes). Où il a été nommé en novembre 1911.

Saint-Nazaire... Le premier port de débarquement pour le matériel américain...

Il prend ses fonctions au commissariat du 3ème arrondissement de Rennes le 16 août 1917 (Ouest-Eclair du 17 août 1917, même édition)

Il est nommé à la tête de la 13ème Brigade Mobile de Rennes le 1er janvier 1923.

Le père et le fils Cunat se retrouvent tous les deux  à la 13ème brigade de la police de Rennes du 16 décembre 1925 (arrivée du fils) au 27 septembre 1928 (départ du père à Clermont).

Voilà donc notre Jean-Baptiste Cunat promu à Clermont-Ferrand puisqu'il il passe de hors-classe 3è échelon à Rennes à hors-classe 2è échelon à Clermont.

Il reste à Clermont-Ferrand de 1928 à 1933.

Il fait valoir ses droit à la retraite en 1933 (1933 - 60 = 1873).

Mais c'est à Rennes qu'il reçoit la médaille d'honneur de la police française en 1937.

 

N'est-ce pas le moment ou jamais de se souvenir des Brigades du Tigre...

 "Les Brigades du Tigre"

Et lisez bien aussi : "La naissance des brigades mobiles".

Parce que c'était ça la 13ème Brigade Mobile de Rennes. Ni plus ni moins.

Et ils avaient à leur disposition des gros moyens tant financiers que techniques.

Côté Cunat, on sait désormais à peu près tout...

On sait surtout que c'est bien lui, avec son équipe (quatre inspecteurs : Chelin, Thomas, Le Gall et Faggiani) qui ont effectué la fouille du 6 juillet à Traon-ar-Velin. Et qui ont trouvé la machine à écrire.

Bonny n'a été chargé que de la transporter à Paris, comme pièce à conviction, le 1er août 1923. A fin d'expertises... (Lire L'Ouest-Eclair du 2 août 1923).

Donc, on est bien d'accord, dans nos bonnes résolutions de janvier, on laisse tomber Bonny, on se concentre sur Vidal à Paris et Cunat à Rennes.

 

La Sûreté Générale

 

Liste chronologique des directeurs de la Sûreté Générale (1870 - 1934)

 

Car ne pas oublier un personnage, oh combien intéressant,

Louis Florentin Marlier

Le directeur de la Sûreté Générale, rue des Saussaies.

Parce que là aussi, on nous a parlé de Lannes, le beauf" de Poincaré...

Mais de Marlier, que point !

"Lannes, contrôleur général de la Sûreté, confère avec Delange, contrôleur général du service des recherches, et avec Marlier, directeur de la Sûreté...." in affaire Philippe Daudet.

(ndlr c'est pas pour dire, mais entre "Delange" et "Delangle" le détective très privé engagé par Me Pouliquen, comme il nous l'explique dans sa primo enquête, mais que personne n'est foutu de retrouver dans le Finistère ou ailleurs, il n'y a qu'un L de différence....)

Ah ! celui-là, on ne nous en a pas parlé beaucoup non plus.

On ne nous en a même pas pipé mot.

Sans doute parce qu'il y a peut-être beaucoup à dire ???

Marlier était en effet un grand pote du président de la République Millerand. A qui il avait rendu quelques menus services.

"Marlier avait rendu je ne sais quels services à Millerand... et à son fils... Jean Millerand" in "L'Action Française racontée par elle-même" d'Albert Marty en page 203.

Quand le gamin fait des bêtises, il faut bien que le papa le défende, non ?

 

"A côte de toutes ces douleurs, il nous montre le grand embusqué Jean Millerand qui passa la guerre à faire la noce. (Et l'auteur de la "Nouvelle gloire du sabre" en sait quelque chose puisque Jean Millerand choisissait pour venir s'amuser un petit village de 450 habitants où Vigné-d'Octon, malade, était venu se reposer) " in La Revue anarchiste du mois d'août 1923, en page 32.

Ne parle-t-on pas là du château d'Orval. A Bû/Goussainville, soit à 9 kilomètres de Houdan ?

 

Exemple, en 1922, in "La-Vieille-France" :

"Le 22 mars dernier, le petit embusqué Jean Millerand, fils et secrétaire du Président, broyait un vieillard sous son automobile officielle. La presse qui fait tant de tapage autour de l'attentat d'hier faisait le silence autour du vrai drame."

Je pense que c'est sans doute là que Super Marlier a dû intervenir (conditionnel)

 

"Mais c'est surtout le scandale des pensions dans lequel est impliqué Jean Millerand, l'un des fils d'Alexandre Millerand, président de la République depuis le 29 septembre 1920, qui va lui attirer les foudres du pouvoir."

in "Vigné d'Octon : un utopiste contre les crimes de la république" de Marie Joëlle Rupp.

 

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur le scandale des pensions, lire :

- ."Paul Vigné d'Octon", article d’André Arru pour La Libre Pensée autonome (paru en 1980)

"Jean Millerand engagé avait choisi comme arme l’artillerie lourde. C’était écrivait-on le comble du débrouillage ! Malade il fut évacué sur l’arrière, réformé et doté d’une pension de 50%."

Et il me vient là un nom célèbre dans l'affaire Seznec... Celui de François Le Her, père de Denis Le Her Seznec, qui fut curieusement pensionné en 1919... Pour une cécité qu'il n'avait jamais eue...

"Il y a eu des profiteurs des pensions de guerre, et ce scandale doit prendre fin"  in Le Figaro du 29 avril 1921, à la une, bas de 6ème colonne.

 

Dernier petit rappel : Doumergue est élu le 14 juin 1924 () et Marlier est débarqué de la sûreté le 9 juillet 1924.

 

Alors, on laisse tomber Lannes et on se concentre sur Marlier.

 

 

2/ Le pouvoir politique

Sur le forum Marylise Lebranchu, je m'étais faite allumer par un certain Kergluger (non, il ne devait pas être auvergnat...) parce qu'il avait trouvé sur un autre site que j'avais osé parler de Camille Chautemps, comme l'homme politique de l'affaire Seznec.

Il avait à la fois raison et tort.

Si j'avais parlé de Camille Chautemps, c'est que Petit-Fils Premier m'avait balancé son nom en juin 1996. Mais j'étais allée illico en savoir plus sur ce Camille-là.

J'avais donc répondu ainsi à mon agresseur verbal :

"En ce qui concerne mes informations sur Camille Chautemps (n’ayant pas pris les dires de DS "for granted") : j’ai sous les yeux un fax de 5 pages du Services des Archives de l’Assemblée Nationale, 232, boulevard Saint-Germain, 75355 - PARIS) de Pascal BOYELDIEU, Bureau 8539, Tel : 01.40.63.85.39, Fax 01.40.63.5.49, fax qui m’a été adressé en date du 16 Juillet 1997 et sur lequel on peut lire : "Camille Chautemps est titulaire de plusieurs décorations, membre de la Ligue des Droits de l’Homme, et affilé à la Grande Loge de France."............. Dans un Dictionnaire des Hommes Politiques que j’ai consulté au CADD "L’Odyssée" de Dreux (1, place Mésirard, 28100 Dreux, Tel : 02.37.82.68.21), on peut lire : CHAUTEMPS Camille : "Camille est initié le 8 décembre 1906 aux Démophiles (Grand Orient) à Tours, à l’âge de 21 ans ; il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908 et est élu vénérable le 26 novembre 1910 à l’âge de 25 ans ! Il est réélu l’année suivante. (...) Il se serait affilié en 1931 à la loge La République (Grande Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. l’affaire Stavisky le contraint à abandonner la présidence du Conseil car des membres de sa famille sont compromis ainsi qu’un membre des Démophiles de Tours, Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient." Camille Chautemps d’un premier mariage avec Renée Landais a trois enfants : une fille veuve du colonel Abrille, un des chefs de la résistance que les nazis torturèrent sauvagement ; deux fils : Jean , qui combattit dans la division Leclerc et devint journaliste au Midi-Libre, et Claude, pilote d’essai, qui fut aviateur des Forces Françaises Libres." Camille Chautemps s’est mariée une seconde fois avec une américaine (cf archvies A.N. : "Sa femme et sa fille, née en 1940, habitent Washington. (...) C’est d’ailleurs à Washington que Camille Chautemps meurt le 1er juillet 1962.") J’ai donc joint "The Library of Congress, Manuscript Division, 101, Independence Avenue, S.E. Washington D.C. 20540 - 4680 et c’est Jeff Flannery qui m’a envoyé de nombreux courriers prouvant que Camille Chautemps est arrivé aux U.S.A. sans .... un sou vaillant. Lettre de John Callan 0’Laughlin à mr Albert L. Warner ’Columbia Broadcasting Company, Earle Building, Wasghingto, D.C. " Dear Al, You are most kind about Madame Chautemps ; She played in Europe under the nom de plume of Madame Durand-Texte. Il am enclosing a statement regarding her. As you know, CChautemps was Premier of France before the war. He has lost pratically everything. You will be doing a fine human thing by helping his wife and his." J’ai reçu ces documents en 2003, et là, j’ai compris que Denis Seznec m’avait donné le nom de CC comme un os à ronger, voulez-vous me dire, combien sot pourrait être un homme politique qui s’est gagné plein d’argent par un trafic de Cadillac pour ne pas l’avoir placé en lieu sûr (Suisse ? Luxembourg ? Amérique du Sud ?) Là, j’ai commencé à douter. Et puis, il n’avait pas eté viré de chez les F.M. ce qui signifie qu’ils ne le pensaient pas coupables d’un tel trafic (lisez ce qui arrive à Louis Proust....) J’avais confiance dans les sources de Denis Seznec et dans ses dires. Je n’ai plus confiance. Cela fait un peu souffrir mais on guérit vite, la Faculté est optimiste."

Donc exit Camille Chautemps.

Qui est bien vite remplacé par quelqu'un de mon coin : Maurice Maunoury.

Je me suis fendue de quelques recherches actives aux archives départementales de Chartres. Et j'ai écrit une petite biographie de Maurice Maunoury sur ce blog.

Donc, on est bien d'accord, dans nos bonnes résolutions, on laisse tomber Chautemps et on se concentre sur Maunoury.

Tiens, au fait, je me souviens juste là que c'est le mari de sa propre fille qui a acheté l'immense ferme de Jean-Louis Quemin à Lormaye. Enfin, moi, ce que j'en dis...

 

Alors là, on est dans le pouvoir politique et on va sauter à pieds joints dans le pouvoir judiciaire. 

 

3/ Le pouvoir judiciaire

Un homme qui me fut de bons conseils, il y a quelques temps, ne manqua pas de me dire qu'il y avait deux catégories dans le monde judiciaire de la planète Seznec, ceux qui avaient obéi au pouvoir politique et ceux qui n'avaient pas voulu obéir.

C'est tout simple, avait-il ajouté, pour les reconnaître,  il suffit de suivre leurs carrières.

Ceux qui ont dit oui, ont été promus.

Ceux qui ont dit non, ont végété. Voire pire.

Et je pense là à Théodore Picard, le malheureux procureur de Morlaix qui a fini par se défenestrer (de remords??? de "burn out"??? On ne disait pas comme ça à l'époque... mais c'était la même chose)

il ne faut pas non plus généraliser la règle. Ce n'est pas parce que Me Vincent de Moro Giafferi a été promu au gouvernement que c'est un complot contre Guillaume Seznec.

Non, je verrais plutôt ça dans le petit monde judiciaire local.

Me Le Hire, avocat exemplaire, qui se débrouille, bien ou mal, selon, pour ne pas assister son client Seznec devant le juge d'instruction Campion.

C'est chez Maître Jaffré que l'on trouve le meilleur commentaire en page 69 :

"Dès le premier interrogatoire, il (Me Le Hire) passa avec le juge un accord que concrétise cette lettre du 23 juillet 1923 :

"Monsieur le Juge,

Je vous confirme l'entretien que nous avons eu ce matin. Il est bien convenu avec mon client M. Seznec qu'il renonce expressément au bénéfice des art. 9 et 10 de la loi de 1897. (1)

En ce qui concerne les interrogatoires, les confrontations et la communication du dossier, cette façon de procéder sera avantageuse à mon client puisqu'elle permettra l'expédition plus rapide de l'instruction. De plus, puisque nous nous mettons d'accord sur la date des interrogatoires et des confrontations, je pourrai toujours assister mon client.

Recevez, je vous prie, etc...

Suivait l'assentiment de l'inculpé : "Je confirme cette déclaration et ces renonciations. Signé : Seznec."

On a beaucoup critiqué cette renonciation qui, pour certains, resssemblait à une démission, plus à une trahison de la défense. Elle était en effet regrettable.

Bien qu'elle témoignât surtout des rapports de courtoisie qui existaient entre le magistrat et l'avocat, bien qu'elle n'eût en elle-même aucune valeur juridique, elle apparaît, à distance, comme un pacte exorbitant. Mais en fait Me Le Hire paraît avoir été présent à tous les interrogatoires de Seznec."

(1) Les articles 9 et 10 de la loi du 8 décembre 1897 sont ceux qui mentionnent la convocation obligatoire du Conseil de l'accusé à toute instruction, vingt-quatre heures au moins à l'avance, et la mise à sa disposition du dossier avant l'interrogatoire."

Ou le juge Campion justement. Qui a été promu Conseiller à Rennes puis à Orléans.

Ou Dollin du Fresnel. Le président de la Cour d'assises de Quimper qui a été promu président de la Cour d'Appel de Rennes.

Il y a, sur Criminocorpus, un annuaire rétrospectif de la magistrature remarquablement bien fait qui permet de suivre la carrière de ces messieurs :

 

Centre Georges Chevrier - Annuaire rétrospectif de la magistrature

 

Où vous pouvez trouver la fiche et la carrière de chaque magistrat, comme celle de :

Tom Ernest Dollin du Fresnel

ou celle de :

Gustave Victor Régis Guillot

 

ainsi que de beaucoup d'autres.

A vous de chercher...

Donc là, c'est clair que le pouvoir politique a influencé le pouvoir judiciaire.

Pour quelles raisons ?

Je n'en sais fichtre rien.

Sauf si un grossium était concerné et qu'il fallait faire vite.

Je vous rappelle ici combien l'enquête et l'instruction ont été bâclées à une vitesse grand V.

 

Reste à parler du quatrième pouvoir...

 

4/ Le pouvoir médiatique

Pendant l'enquête et l'instruction de l'affaire Seznec, ils n'ont pas fait une seule investigation.

Ils se sont contentés de suivre, tant bien que mal, ce qui se passait.

Et tout ce petit monde s'appliquait à écrire avec le même stylo contre Guillaume Seznec.

Vous me direz, auourd'hui, c'est l'inverse.

Certes.

Ce qui me gène toujours c'est ce phénomène de groupe.

Aucun ne se détache vraiment de la meute pendant le procès.

Aucune fantaisie.

Que des pisses copies sans intérêt.

Raisonnement qui pourrait être encore valable aujourd'hui quand on lit, quand on voit, quand on entend comment Petit-Fils Premier manipule les médias.

Et comment les médias se laissent manipuler par lui.

Il nous fait un transfert.

Il est devenu la victime.

Le papy martyrisé, c'est lui maintenant.

Alors à fond les manettes dans le chantage affectif.

Et le croirez-vous : ça marche !!!!

 

Entre la période du procès et celle d'aujourdh'ui, il y a eu quelques cas qu'il est quand même bon de signaler.

- Charles Huzo par exemple...

Un grand journaliste, je n'en suis pas sûre.

Un branque, ça, j'en suis certaine.

Parce que Monsieur Huzo (dont on n'a jamais retrouvé la trace après 1933) avait eu une apparition de Victor Hugo qui lui disait, non d'aller bouter les Anglois hors de France, mais de devenir écrivain car il était fait pour ça.

D'autres s'y sont mis aussi. Lui parlant d'Outre-Tombe pour mieux le convaincre.

Un branque, mais au grand coeur, car entre deux articles pas très exacts, il prenait soin de Marie-Jeanne Seznec et il envoyait des nouvelles à Guillaume au bagne.

- Emile Petitcolas, le beau-frère, lui, c'était une pointure.

J'en ai fait mes choux gras dans un article spécial rien que pour lui.

- Claude Bal...

Claude Bal, si vous écoutez Petit-Fils Premier, il vous laissera supposer qu'il était de la jaquette et qu'il fréquentait assidûment Roger Wybot, le grand patron de la D.S.T.

Comprendre qu'il était branché en direct à la source des infos.

Manque de pot, au détour d'une conversation Internet, on apprend que Claude Bal était un grand tombeur de femmes devant l'Eternel. Qu'il avait été marié au moins six fois. Et qu'il buvait plus que ce qu'un homme peut contenir.

Ce qui est beaucoup plus grave, c'est qu'il ne faisait pas du tout, mais alors pas du tout, dans l'exactitude.

Vous trouverez sur ce blog de quoi vous renseigner largement sur ce pauvre type.

Qui s'est contenté de reprendre les divagations d'un Maurice Privat et d'un juge Hervé, en y ajoutant quelques témoignages non vérifiés et non vérifiables.

- Jacques Marestet, du Parisien libéré, reste mon préféré.

D'autant plus que Denis Seznec le déteste.

Et qu'il n'est pas le seul.

J'ai même entendu dire qu'il n'existait pas.

Donc encore quelques recherches en perspective...

 

 

Mais ne nous décourageons pas...

Je suis certaine qu'après 90 ans de mensonges sur mensonges,

si on tient bien notre liste de résolutions pour l'année,

on va enfin voir le bout du tunnel en 2015.

 

Liliane Langellier

 

Nomination de Louis Marlier in Le Figaro du 21 février 1923.

Nomination de Louis Marlier in Le Figaro du 21 février 1923.

C'était "très mode" de voyager le 25 mai 1923 !!! Millerand et Marlier.... in Le Petit Parisien du 26 mai 1923.

C'était "très mode" de voyager le 25 mai 1923 !!! Millerand et Marlier.... in Le Petit Parisien du 26 mai 1923.

La Recherche "Google" Livres... Celle qui informe les désinformés...

La Recherche "Google" Livres... Celle qui informe les désinformés...

Jean Millerand fait la noce plutôt que la guerre... in La Revue anarchiste d'août 1923.

Jean Millerand fait la noce plutôt que la guerre... in La Revue anarchiste d'août 1923.

Le château d'Orval à Bû. A 9 kilomètres de Houdan.

Le château d'Orval à Bû. A 9 kilomètres de Houdan.

Le russe Nicolas Kagan, propriétaire du Château d'Orval, à Bû in Le Crapouillot 1953, en page 66.

Le russe Nicolas Kagan, propriétaire du Château d'Orval, à Bû in Le Crapouillot 1953, en page 66.

Versailles, élection présidentielle : M. Jean Millerand à côté de la Rolls-Royce présidentielle via Gallica par l'Agence Meurisse (Paris) 1920.

Versailles, élection présidentielle : M. Jean Millerand à côté de la Rolls-Royce présidentielle via Gallica par l'Agence Meurisse (Paris) 1920.

Et... Delange arrive à la Sûreté Générale in Le Petit Parisien du 22 juillet 1923.

Et... Delange arrive à la Sûreté Générale in Le Petit Parisien du 22 juillet 1923.

Marlier/Millerand. in "L'Etudiant Français" du 25/4/1934. Par l'extrême droite, certes, mais tellement vrai...

Marlier/Millerand. in "L'Etudiant Français" du 25/4/1934. Par l'extrême droite, certes, mais tellement vrai...

Vidal est né le 10 janvier 1881 à Saint-Chaptes (30)

Vidal est né le 10 janvier 1881 à Saint-Chaptes (30)

Achille Vidal. Acte de naissance.

Achille Vidal. Acte de naissance.

Vidal dans les Alpes-Maritimes en 1911. J.O. du 7 mai 1911.

Vidal dans les Alpes-Maritimes en 1911. J.O. du 7 mai 1911.

Vacquié nous fait déjà une banqueroute simple.... Extrait Petit Parisien du 28.12.1911.

Vacquié nous fait déjà une banqueroute simple.... Extrait Petit Parisien du 28.12.1911.

Vidal à la brigade de police mobile de Montpellier. J.O du 18.7.1913.

Vidal à la brigade de police mobile de Montpellier. J.O du 18.7.1913.

Vidal nommé "provisoirement" à la Sûreté Générale. J.O 2.5.1915.

Vidal nommé "provisoirement" à la Sûreté Générale. J.O 2.5.1915.

Vidal à la Sûreté Générale. J.O du 14.12.1918.

Vidal à la Sûreté Générale. J.O du 14.12.1918.

Vidal à Brest pour les pillages des stocks US in La Dépêche de Brest du 17 mars 1920.

Vidal à Brest pour les pillages des stocks US in La Dépêche de Brest du 17 mars 1920.

Vidal promu en 1925...

Vidal promu en 1925...

Dans "Le Gaulois" du 12 avril 1925... Vidal dépend du Ministère des Finances ????

Dans "Le Gaulois" du 12 avril 1925... Vidal dépend du Ministère des Finances ????

Vidal et sa légion d'honneur... J.O. du 11.4.1925.

Vidal et sa légion d'honneur... J.O. du 11.4.1925.

Idem. Mais en plus zoomé...

Idem. Mais en plus zoomé...

Vidal aux chemins de fer. Paru au J.O du 23 août 1926.

Vidal aux chemins de fer. Paru au J.O du 23 août 1926.

Donc c'est bien lui dans le Petit Parisien du 19 juillet 1927 !

Donc c'est bien lui dans le Petit Parisien du 19 juillet 1927 !

Vidal... Et le train rouge... in Le Petit Parisien du 18 août 1935. Il avait donc 54 ans.

Vidal... Et le train rouge... in Le Petit Parisien du 18 août 1935. Il avait donc 54 ans.

Jean-Baptiste Cunat est né à Charmois-devant-Bruyères le 26 mars 1874.

Jean-Baptiste Cunat est né à Charmois-devant-Bruyères le 26 mars 1874.

Cunat a du être adjudant au 15è bataillon de chasseurs à pied, bataillon stationné à Remiremont (88) in J.O. du 5 juillet 1907.

Cunat a du être adjudant au 15è bataillon de chasseurs à pied, bataillon stationné à Remiremont (88) in J.O. du 5 juillet 1907.

Cunat dans le Jura ? Candidat militaire nommé commissaire de 4è classe à Poligny en 1907 ?

Cunat dans le Jura ? Candidat militaire nommé commissaire de 4è classe à Poligny en 1907 ?

Cunat adjudant ? 15 ans de bons et loyaux services en 1907 = 1892.

Cunat adjudant ? 15 ans de bons et loyaux services en 1907 = 1892.

En 1916 il était déjà à Saint-Nazaire in le J.O du 7 janvier 1916.

En 1916 il était déjà à Saint-Nazaire in le J.O du 7 janvier 1916.

Cunat venait de Saint-Nazaire... J.O. du 4 août 1917...

Cunat venait de Saint-Nazaire... J.O. du 4 août 1917...

Cunat... Rennes welcome...

Cunat... Rennes welcome...

Notre Jean-Baptiste Cunat aurait-il été l'heureux papa de cinq enfants ???

Notre Jean-Baptiste Cunat aurait-il été l'heureux papa de cinq enfants ???

Cunat est nommé commissaire de police mobile à la 13è brigade Rennes dans le J.O du 5.3.1922

Cunat est nommé commissaire de police mobile à la 13è brigade Rennes dans le J.O du 5.3.1922

Jean-Baptiste Cunat était "tout nouveau" à Rennes...

Jean-Baptiste Cunat était "tout nouveau" à Rennes...

Cunat père et fils vont travailler en même temps à la 13ème Brigade Mobile de Rennes in J.O. du 19/2/1927.

Cunat père et fils vont travailler en même temps à la 13ème Brigade Mobile de Rennes in J.O. du 19/2/1927.

Cunat à Clermont-Ferrand.... Promu hors classe en 1930 in J.O. du 6/4/1930.

Cunat à Clermont-Ferrand.... Promu hors classe en 1930 in J.O. du 6/4/1930.

 Il fait valoir ses droits à la retraite en 1933 (1873-1933=60) in J.O. du 26/11/1933.

Il fait valoir ses droits à la retraite en 1933 (1873-1933=60) in J.O. du 26/11/1933.

Médaille d’honneur de la police décernée aux fonctionnaires retraités en 1937.

Médaille d’honneur de la police décernée aux fonctionnaires retraités en 1937.

Le 8 août 1938 Cunat assiste aux obsèques de Yves Le Gall, le fils de son ancien collègue (Ouest-Eclair)

Le 8 août 1938 Cunat assiste aux obsèques de Yves Le Gall, le fils de son ancien collègue (Ouest-Eclair)

La Police d'Etat in Le Petit Parisien du 16 mars 1930.

La Police d'Etat in Le Petit Parisien du 16 mars 1930.

Le juge Emile Campion. Acte de naissance.

Le juge Emile Campion. Acte de naissance.

Le juge Campion. Registre Matricule.

Le juge Campion. Registre Matricule.

Le Hire... Catho droite droite ???? in La Semaine religieuse du diocèse de Quimper et Léon du 7.12.1894.

Le Hire... Catho droite droite ???? in La Semaine religieuse du diocèse de Quimper et Léon du 7.12.1894.

Chez les Le Hire, on est avocat de père en fils.... in l'Ouest-Éclair du 17 mars 1904.

Chez les Le Hire, on est avocat de père en fils.... in l'Ouest-Éclair du 17 mars 1904.

La famille Le Hire ? Que du beau linge !!! in Ouest-Éclair du 17 septembre 1913.

La famille Le Hire ? Que du beau linge !!! in Ouest-Éclair du 17 septembre 1913.

Daniel Le Hire est né le 18 octobre 1875 à Morlaix (acte de mariage)

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Nécrologie du 6 juin 1914. Dans l'affaire Seznec les châteaux sont du côté de Morlaix, dans le "Léon"...

Nécrologie du 6 juin 1914. Dans l'affaire Seznec les châteaux sont du côté de Morlaix, dans le "Léon"...

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Y
La mort d’un procureur, Théodore Picard en l’occurrence, aura donné lieu à bien des supputations !<br /> <br /> « Quelques années après sa vengeance, le procureur Picart mourra d’un cancer. » [ version Claude Bal , 1955 ]<br /> <br /> « le procureur de Morlaix, lui, s’est empoisonné. Le châtiment commence » [lettre de Charles Huzo à G.S. du 13/06/1931, dans « Le Bagne », p 227, Denis Seznec 2001 ]<br /> <br /> « Théodore PICARD se suicidera en 1926 en de jetant par une fenêtre dans le Queffleuth, la rivière qui traverse Morlaix » [ version Denis Seznec, p 291, édition 2006 ]<br /> <br /> « Bon, Théodore Picard est mort le 04 novembre 1928 à son domicile 26 quai du Léon à Morlaix, des suites d'une longue maladie. » [ version yargumo, Forum, 2007 ]<br /> <br /> « Et je pense là à Théodore Picard, le malheureux procureur de Morlaix qui a fini par se défenestrer (de remords??? de &quot;burn out&quot;??? On ne disait pas comme ça à l'époque... mais c'était la même chose) » [ version La piste de Lormaye, 2015]<br /> <br /> Voir « La Dépêche de Brest » du 05/11/1928 (p 5) : Avis de convoi ( « décédé à son domicile 26 quai de Léon à Morlaix, muni des sacrements de l’église » ) Voir « La Dépêche de Brest » du 07/11/1928 (p 4) : les obsèques de M.Picard , procureur de la république ( discours de M.Guilmard, procureur ) en présence de Me LE HIRE, avocat, Me CROISSANT , avoué, M.CAMPION , juge, M.CUNAT, commissaire de la police mobile…..<br /> <br /> Mais heureusement (si l’on peut dire) que les rubriques nécrologiques sont rarement entachées d’erreurs…. La défenestration n’est pas une maladie, mais une possible conséquence, elle est le plus souvent incurable, mais non prouvée dans ce cas précis !<br /> Les bonnes résolutions de janvier, c’est maintenant ! Bloavezh mat d’an holl !
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L
Bonjour Youenn... Je réponds avec un peu de retard... Pour Claude Bal, je suis navrée, je persiste et signe. Posez-vous juste une question (que je me suis posée tout de suite à la lecture de son livre) : pourquoi n'a-t-il pas écrit une seule ligne sur François Le Her. Et là vous comprendrez sa relation complexe avec Jeanne Seznec...<br /> Pour le suicidé Picard, vous avez sans doute raison, mais je vous rappelle que Denis Seznec en note bas de page 291 nous écrit :&quot;Théodore Picard se suicidera en 1926 en se jetant par une fenêtre dans le Queffleuth, la rivière qui traverse Morlaix.&quot;<br /> Déjà inexactitude sur la date... Et puis pour le reste, côté inexactitudes, on n'est pas à ça près...
Y
Personne n'a écrit la cause du décès dans la rubrique nécrologique de la Dépêche de Brest du 05/11/1928. Simplement il est mentionné &quot;muni des sacrements de l'Eglise&quot;.<br /> Je ne suis pas sûr qu'en 1928, un suicidé? défenestré (?), aurait pu bénéficier des sacrements de l'église...ce qui peut donc laisser penser qu'il est bel et bien mort dans son lit. Mais vous allez très certainement nous prouver le contraire en nous expliquant que la Dépêche de Brest n'était pas plus fiable que Claude Bal ...(qui fait partie, quoi que vous en disiez, de la revue de la littérature ! )
L
Bonjour Youenn... et bonne année 2015...<br /> Appartenant à une chorale liturgique, je suis amenée, depuis longtemps, à chanter de nombreuses obsèques.<br /> Je n'ai jamais vu de &quot;suicide&quot;, ni toute autre cause de mort d'ailleurs, mentionnés sur un faire-part ou dans une rubrique nécrologique. Dans un &quot;in memoriam&quot;, peut-être, et encore...<br /> Pour prendre un exemple extrême, Thierry Le Luron est mort d'un cancer, ont clamé les médias en choeur. Alors que nous savions - dans les milieux informés - ce qu'il en était.<br /> Dans le cas de Picard, c'est la date (qui varie, elle aussi, selon les auteurs) qui me renforce dans ce que j'ai écrit : un 4 novembre !!! Et pile poil 4 ans après le jugement des assises de Quimper.